Enfin !

Enfin Squaresoft, pardon SquareEnix, et Sony sortent du bois et annoncent la couleur après avoir déjà balancé quelques remakes (resucées d’aucuns diront) de divers volets de Final Fantasy.

Tout d’abord une mise au point s’impose : le meilleur Final Fantasy conventionnel (celui où t’es pas obligé de payer un abonnement à la con) est la sixième itération de la saga, la septième étant selon moi juste derrière avec les 500 heures que j’ai passé dessus ; j’ai joué à tous les jeux de la saga du quatrième épisode au dixième en natif ou bien en émulation.

Maintenant que les présentations sont faites, je rentre dans le vif du sujet.

  1. Les points d’adaptation qui ne poseront pas problème.

Moyennant une petite mise à niveau, très peu de travail sera à effectuer pour :

  • la musique, une des réussites de ce jeu où un travail de dépoussiérage sera à réaliser car nous ne sommes plus en 1996 mais en 2015.
  • le scénario qui dans ses grandes lignes est mature (nous reviendrons plus tard sur certaines scène plutôt… délicates) et plus que jamais d’actualité
  • les personnages qui ont chacun leur histoire faite d’espoirs et de désillusions plus ou moins cruelles
  • le système d’équipement très versatile et foutrement logique mais un peu pénalisant par moment
  • les minis jeux dont certains étaient rafraîchissants pour l’époque et cassaient la routine mais dont l’adaptation sera quand même à faire
  • des quêtes annexes intéressantes (cf l’histoire de Vincent entre autres)
  • le principal antagoniste qu’on adore détester (mais moins que celui du sixième opus selon moi)

Maintenant que ce qui nous rassemble a été listé voyons là où cela risque de coincer un peu.

  1.  J’ai mal à mon FF7 pour…
  • … certaines scènes vraiment suspectes.

Mais si ! Souvenez-vous ce passage dans le lupanar, cette séquence de drague au Gold Saucer, Nanaki déguisé en marin, … En SDSD (définition standard super deformed) ça passe, avec des personnages aux traits réalistes en 1080p, imaginez la gêne ressentie (one face palm is not enough).

Un travail urgent est à faire pour gommer ces traits d’humour ou de mauvais goût nippon.

  • … ses dialogues.

Je ne sais pas comment les traducteurs francophones ont bossé en 1997 (s’ils sont encore parmi nous je voudrais bien avoir leur avis là-dessus) mais force est de constater que par moment la traduction est une insulte à la langue française. On sent bien que la traduction anglaise qui a servi de base (les captures d’écran du manuel du jeu sont en anglais) était déjà à la rue par rapport à la version japonaise. Ceux qui prônent une absence de retouche à la traduction méritent qu’on leur insère sans ménagement dans le fondement, un dico, un Bled et un Bescherelle.

Vous vous imaginez en train de jouer à Monkey Island ou Broken Sword en ne pigeant pas 10% des dialogues ? c’est pareil ici.

  • … une courbe de progression à l’ancienne.

Si autrefois, la simple évocation de la sortie d’un FF, Dragon Quest, Secret of Mana suffisait à remplir les caisses pour 2 années fiscales c’est très loin d’être le cas maintenant. La déconfiture plus ou moins prononcée de la branche principale de Final Fantasy est là pour nous le rappeler. Les grandes heures du RPG japonais sont révolues et dans ce système de jeu, la mort signifiait un retour au dernier point de sauvegarde avec la possibilité d’avoir perdu des objets intéressants et sans doute une heure ou deux de jeu pour ceux qui cherchent à fond les niveaux. Et connaissant les goûts des joueurs occidentaux sur ce point, transposer le système de sauvegarde tel quel est un risque non négligeable.

En outre, comment expliquer que les 2 bosses secrets présents sur la version PAL imposent du farming pour ne pas avoir la honte de se faire balayé comme une sous-merde ? Là je reviens sur une mécanique du jeu. Une matéria s’utilise un nombre équivalent de fois à son niveau. Autrement dit, se pointer avec une matéria Phoenix niveau 1 face à un boss bien balèze n’est pas une bonne idée et au final, je me revois en train de farmer les matérias invocations face aux ennemis qui vont bien sur des trop rares armes à croissance triple.

J’oubliais le plus cruel, certains bosses portent sur eux des objets rares à voler et si l’occasion est perdue, vous êtes bons pour recommencer votre dernier segment de jeu.

PROTIP : L1+R1+L2+R2+start+select pour reset rapidement…

  • … une histoire qui savoure lentement, très lentement.

FF7 est selon mon ressenti, le dernier FF où il faut savoir prendre son temps : se taper des tonnes de dialogues (cf supra), traverser des couloirs parfois sans fin, traverser un continent à pied et se faire violer par surprise par des ennemis (cf infra). Vous êtes accrocs à l’instant respawn ? aux jeux réalisés sous ecstas ? aux jeux torchés en 15 heures ? à l’action frénétique ? Passez votre chemin, FF7 se déguste avec une verveine, pas un Red Bull.

  • … des ennemis qui spawnent, qui spawnent par millions.

Un FF à l’ancienne ce sont des ennemis parfois biens couillus (coucou l’ami Malbarré quand t’es au niveau 20-25) et que vous ne pouvez pas forcément éviter par la fuite. Il faut le savoir, vous ne pouvez pas choisir sauf de très rares exceptions et les aller-retours qui vous sont parfois imposés n’arrangent rien. C’est simple, les ennemis dans FF7 sont comme votre navigateur web sans bloqueur de publicité : un viol permanent… avec du gravier.

  • … des ennemis au look discutable.

Si si, certains ennemis vont avoir besoin d’un bon coup de peinture pour ne pas être super kitsch en 2017.

  • … une cinématique finale mal amenée.

Quand même, il aurait été possible de faire les choses mieux, on sent que les délais ont pesé à la fin du développement en 1996.

  • … son plus gros point noir, être un J-RPG d’une époque révolue.

En Europe en 1997 quand le jeu est sorti, Internet était réservée à une frange très aisée et au courant des technologies, les soluces se lisaient sur du papier, les sauvegardes s’échangeaient de main à main et surtout nous n’étions pas encore dans le monde de l’instantanéité permanent et du hashtag à toutes les sauces (dorée).

  1. Pour conclure pour plus ou moins mal.

Soyons clair, je ne regrette pas le moins du monde les 400F lâchés par mes parents à cette époque, FF7 fait partie des très rares jeux avec la saga Mario, Secret of Mana, Soul Blade ou Vagrant Story qui m’ont occupé à ce point dans les années 90. Malheureusement pour nous, nous sommes en 2015 et l’état du J-RPG n’est pas des plus folichons (que ceux qui ont anticipé la fusion de Squaresoft et Enix dès 1995 lève la main) et toute la difficulté pour Sony qui doit financer d’une manière ou d’une autre son développeur et SquareEnix est de concilier le passé et le présent, conserver l’identité et se renouveler, soit justifier l’achat du jeu pour les anciens qui ont été rodés à ses mécaniques sans effrayer les nouveaux (comprendre ceux à conquérir) qui n’ont plus trop l’habitude de prendre leur temps en jouant aux jeux vidéo.

FF7 doit se réinventer à divers degrés et est condamné à réussir pour que le J-RPG redevienne la machine à fric qu’il était il y a bientôt 20 ans. Sony avec son parc confortable de PS4 prend le pari, j’espère de tout cœur qu’il sera réussi.

Pour finir, je vous rappelle qu’un souvenir n’est pas une expérience objective mais une donnée de notre conscience à mi-chemin entre la photo et l’émotion et tout le challenge sera de faire FF7 version 2017 autre chose qu’une madeleine de Proust.

 

PS : si d’autres souvenirs remontent à la surface je mettrai à jour.

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